sprechgesang

Cauchemar - photographie 6

mardi 2 août 2005, par Erwan Tanguy

Cauchemar - photographie 6
Inde, 27 juillet
Sentiment de déjà-vu : Sebastião Salgado se serait-il mis à la photographie couleur ? Non, il s’agit d’un photographe inconnu qui suit l’évolution des pluies torrentielles qui ont inondé et paralysé Bombay, la capitale financière du pays.

Là c’est un cauchemar, de se réveiller dans ce train prisonnier des eaux, sans se souvenir d’où je viens, pourquoi je suis là, ni même dans quel pays. J’entends les gens crier dans une langue inconnue, certains s’adressent à moi en anglais, mais que sais-je encore de cette langue oubliée aussi, toute ma mémoire fout le camp, pourquoi devrais-je retenir cette langue plus qu’une autre, plus que celle dans laquelle je me débats. Pourtant elle m’aurait été utile. Derrière les vitres, au dehors, l’eau boueuse a envahi le paysage, la panique saisie quelques visages mais moins que je ne l’aurais pensé. Et je ne suis même pas paniqué, je suis dans le brouillard total, je ne vois rien, je dors, c’est un cauchemar. Une main s’écrase sur une de mes épaules, juste "out" avec un accent étrange, il dit "dehors". Mais pourquoi sortir, je préfère rester là, attendre que le train reparte, que les eaux s’évapore ou s’infiltre à nouveau dans les terres, attendre le réveil...

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