Ta main
Pas un souffle je me retiens
De respirer
Puis de te toucher
Ta main j’y vois
Toute ta légèreté
Ta dignité
Ta finesse
Je suis là figé comme un con à attendre que tu bouges, que tu me dises que je suis mal habillé encore une fois, que jamais je n’y arriverais, à m’habiller correctement, mais tu ne dis rien
Silence
Tu touches du doigts la surface du lit
La salle en carrelage blanc
Le lit en métal
Je devrais savoir
En zinc peut-être
Il est brillant et froid
La lumière s’y reflète
Ta main
Blanche aussi
Délicatement posée
Tu le faisais ça avant lorsque tu attendais le train, le thé, que j’arrive, que le spectacle commence, ta main tu la posais ainsi le majeur pointant le temps qui passe, parfois l’index, tapotant la surface, table, bras de chaise, veston par défaut, jusqu’au moment où enfin l’attendu arrive
Mais là rien n’arrive
Je suis là
Tout près
À l’heure pour une fois
Je suis là depuis le début, ne t’ai pas quitté, et pourtant tu m’as vite perdu de vue, tu as glissé dans l’abîme lentement sans te retourner, tu sais qu’il ne faut pas se retourner, cela ne sert à rien, tu as juste fait un geste de la main, il s’est épuisé sur le rebord de ce lit où après ils t’ont allongée, ce lit dans cette chambre froide
Je ne regarde que ta main
Même si je sais comment le reste
Posé là aussi sur ce lit
Où tu es la seule à ne plus t’intéresser à la chambre froide, au carrelage, tu n’aimais pas les carrelages, t’en souviens-tu
Tu es partie et c’est moi qui me retourne
Si tu pouvais
J’entends ton grognement
(...)
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