sprechgesang

Extrait 1

lundi 6 septembre 2010, par Erwan Tanguy

« ...Les révélations sur le statut proche de l’esclavage pour les employés de maison de nombreuses personnalités politiques, économiques et artistiques se succèdent pour laisser apparaître un véritable réseau de traite de jeune femme généralement d’origine africaine ou asiatique... »

L’affaire a démarré sur un fait divers, un vulgaire fait divers.

Sans ce fait divers, tout le reste serait resté dans l’ombre et je serais aujourd’hui à un poste important.

La police a découvert le corps d’une jeune africaine, moins de 20 ans, dans la seine, sans papier, nue. Rien ne permettait à la police d’en savoir plus. Et l’enquête piétinait depuis des mois quand un événement extérieur a fait resurgir le dossier. Lors d’une perquisition dans le cadre d’une enquête sur des marchés publiques qui pourraient être truqués, un policier est tombé sur une photo sur laquelle apparaissaient le propriétaire de cet appartement et cette jeune femme anonyme.

La photographie avait d’abord surpris le fonctionnaire de police car l’homme souriait ouvertement en tenant la jeune femme par les épaules tandis qu’elle semblait plutôt désespérée et contrainte. Le policier a pris la photographie lors de la perquisition car elle lui semblait juste étrange, il n’avait pas fait le lien avec la disparue anonyme. Et le lien ne s’est pas fait tout de suite car rien ne pouvait l’indiquer.

Je ne sais pas comment il s’est révélé... Un collègue, ami du policier, enquêtant sur ce meurtre, est sans doute venu le voir et il est tombé sur cette photographie. Ou bien le policier a fait des recherches sur des visages, juste par intuition. Il a pu aussi réagir sur cette photographie car il avait vu le portrait de cette jeune femme et est retombé dessus plusieurs semaines après. Toujours est-il que le lien a été fait et l’homme de la photographie se retrouvait avec deux affaires sur le dos.

Sur le coup je n’ai pas réagit, je n’ai pas pensé que cela pourrait me faire plonger. Ceci dit, même ceux qui ont pressenti le danger ont été embarqués par l’affaire car ils figuraient dans un carnet d’adresses avec le nom de la « domestique » associée...

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