sprechgesang

Extrait 2

vendredi 10 septembre 2010, par Erwan Tanguy

Couvrir un scandale par un autre. Les scandales dans le monde politique sont généralement mis en avant pour dissimuler une réforme importante, le vote d’une loi ou d’un décret. Le premier scandale est arrivé comme ça mais il a rapidement débordé. Les financement des partis sont toujours explosifs pour la gauche comme la droite. Lorsque qu’un des enquêteurs a fait le lien entre une personnalité impliqué dans l’affaire du financement et celle de la jeune femme noyée, il a tout de suite essayé de joindre par l’intermédiaire de son supérieur le ministre de l’intérieur, puis le premier ministre, et enfin le Président. Ce qui a réellement joué c’est que ces trois personnes étaient tous plus ou moins impliquées dans l’affaire des financements mais n’avaient rien à voir avec celle de la jeune femme. À ce moment-là il n’y avait pas assez d’éléments pour imaginer l’impact réel de cette seconde affaire, il s’agissait juste d’écraser un peu la première. Si la majorité avait su combien de ses membres étaient mouillés, elle aurait sans doute hésité. Certes, il y avait aussi des élus de gauche, des personnalités d’extrême droite, des artistes, des patrons, mais parce que le parti le plus impliqué était aussi celui au pouvoir, c’est lui qui en a payé le plus les conséquences.

Monsieur R., ancien ministre, sénateur, suspecté sur l’affaire du financement, s’est retrouvé entrainé dans une nouvelle affaire, une affaire de meurtre. Suite au recoupement des informations, une seconde perquisition a eu lieu dans le logement de Monsieur R. Il s’agissait de trouver des objets ayant appartenu à la jeune femme, mais aussi des recherches de sang, si jamais elle avait été tué sur place. Dans le cadre d’une garde à vue, Monsieur R. n’a rien lâché, il affirmait ne pas connaître la jeune femme malgré les quelques éléments qui prouveraient qu’elle soit bien venue dans son logement. Il n’expliquait pas pour autant les raisons de la présence chez lui de cette jeune femme. Sa stratégie semblait axée sur le silence et la négation. D’autres perquisitions ont été faites dans ses autres logements. Même si les enquêteurs ont remarqué que le « ménage » avait été fait, quelques nouveaux éléments ont été trouvés. Notamment des habits ayant appartenu à la jeune femme. Dans une des poches a été trouvé un papier avec des noms et des numéros de téléphones. Ce bout de papier a permis la première réelle avancée dans cette nouvelle affaire puisqu’il a donné les premiers noms de ce qui deviendra le « réseau des négriers », dénomination due au fait que le statut de ces jeunes personnes, généralement noires ou asiatiques, a été assimilé à de l’esclavage moderne. Le clin d’oeil se voulait cynique.

À aucun moment je n’ai pensé avoir une esclave à mon service. Je ne dirais pas non plus que je pensais agir dans la légalité mais je suis certain que ma domestique était mieux chez moi que dans la misère qu’elle avait fui. Ce confort nécessitait quelques restrictions, et en effet elle n’était pas libre de sortir, de fréquenter des personnes hors du cadre domestique, et ses papiers étaient gardés dans un coffre. Le mensonge pernicieux était de prétendre faire des démarches pour l’obtention de papier français. Bien évidemment il n’est pas envisageable qu’elles puissent obtenir la nationalité. Elles étaient renvoyées dans leur pays d’origine, dissimulées avec des expulsés dans un charter. La seule différence c’est qu’elles recevaient une enveloppe une fois arrivées.

{process=oui}