sprechgesang

Prologue

en cours

dimanche 1er août 2010, par Erwan Tanguy

histoire d’un homme politique brisé par un scandale

Premier jour depuis que je n’ai plus de charges parlementaires, j’ai décidé d’y mettre fin, à cette mascarade qui durait depuis le scandale, un scandale de plus dans la vie politique de ce pays, oui, mais un scandale dont je suis l’objet. J’ai tout perdu, pas uniquement mon ministère à l’époque, j’y ai perdu ma crédibilité, ma femme aussi. Ironie du scandale, je n’ai jamais cessé de travailler depuis, et dans le privé je gagne beaucoup plus sans être au devant de la scène. Pourtant j’ai tout perdu, tout ce que j’avais construit depuis mon premier engagement politique au lycée quand il fallait lutter contre la propagande des grévistes de gauche jusqu’à ce ministère qui devait être l’ultime marche. L’ultime marche pour les présidentielles si tout se passait comme prévu au premier tour. Sinon, pour que la gauche ne passe pas, une alliance me garantissait un nouveau ministère ou même le bureau du premier ministre. C’était tout tracer et j’y avais beaucoup travailler. Mais c’était oublier tous ces gauchistes revanchards, ceux-là même contre qui je m’étais opposé dans ma jeunesse et qui me reprochait d’avoir été trop à droite à une époque, qui ne croyaient pas que je puisse avoir changé. J’ai toujours été de droite, je n’ai jamais changé, j’étais juste un peu excessif. A l’époque cela me semblait être la seule solution. La politique à papa s’écrasait trop souvent face à une gauche révolutionnaire toujours à deux pas du terrorisme. Je défendais une morale française, et en tant que croyant pratiquant, je ne pouvais pas laisser mon pays aux mains de ces extrémistes.

J’ai fait un parcours politique presque parfait jusqu’au scandale. J’ai été dans l’ombre des grands hommes politiques qui ont fait de notre pays ce qu’il est aujourd’hui. J’ai été dans l’ombre de leur parti. J’ai suivi les études qu’il fallait. J’ai fait preuve de ténacité, de fidélité même avec quelques limites cependant – mais j’y reviendrais.

(...)

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