sprechgesang

Fictions radiophoniques etc.

mardi 22 avril 2008, par Erwan Tanguy

Aujourd’hui pratiquement terminé la deuxième partie du texte pour la radio (dont une première étape de la première partie est en ligne ici pour ceux qui ne suivent pas encore). En deux semaines d’écriture assez intense, il m’a fallu revenir en arrière, modifier des éléments de la première partie, et ce n’est sans doute pas encore fini. J’ai encore des personnages à mieux définir (comme le peintre et sa femme la scientifique) mais aussi le problème des didascalies (j’ai une idée mais... et elle est bonne sans être super originale).

Par contre, j’ai décidé de ne pas mettre la suite en ligne. Non pas pour frustrer les quelques lecteurs assidus (si si, il y en a !) mais pour protéger le texte (même à une époque où le livre s’effondre, j’espère un peu une publication papier de ce texte avant de l’abandonner au web). Il y a des expériences sur le net de textes en ligne (voir publie.net) payant mais ce texte là, je ne sais pas.

Me voilà maintenant face à la troisième et dernière partie, le dénouement, et les choix à faire sont encore dans le brouillard le plus total. Un beau brouillard où se dessinent les silhouettes mais je n’entends pas encore ce qu’elles ont à dire et à échanger. Et les fantômes s’agitent frénétiquement avant de disparaître, poussés par leur sentiment de pouvoir agir sur les vivants... mais agissent-ils vraiment ?

Donc en attendant, je vais replonger dans "The Night Is Ours" pour écrire de nouvelles interviews, pour continuer à explorer ce fait divers tragique et révoltant.

Emission sur Lagarce
http://sprechgesang.free.fr/IMG/mp3...
Entendu hier, merci aux podcasts de France Inter, l’émission Studio Théâtre que je n’aime pas trop. Là c’était Jean-Luc Lagarce le sujet. Ils ont eu la bonne idée de diffuser des extraits d’interviews, d’essayer de nous faire entrevoir le personnage. C’est une des rares fois où j’ai pu écouter l’émission en entier. Et Lagarce qui répond à la question "Pourquoi écrire du théâtre ? : Pour ne pas être seul." C’est certainement un des points communs que partagent la plupart de ceux qui écrivent du théâtre : ne pas être seul. L’écriture est un tel espace en soi, de solitude, de recueillement aussi. Le théâtre amène du collectif dans l’écriture. Je n’ai jamais ressenti autant de plaisir qu’en écrivant proche du plateau, en suivant les acteurs, en essayant de faire suivre les mots à leurs gestes, à leurs corps. Les acteurs sont l’âme du théâtre, sa force vive. Tout le reste est sans importance. Même l’écriture finalement. Mais pourtant, les acteurs, que Lagarce aimait beaucoup aussi, sont les premiers à venir voir les auteurs, à les chercher, les lire, les attendre, et à en parler, à diffuser. Si, pour ma part, je continue à écrire du théâtre, c’est parce qu’il y a des acteurs. Je mentirais en disant qu’ils frappent à ma porte, qu’ils m’appellent sans arrêt, me commandent des pièces, etc. Je mentirais, mais pourtant. Ils sont là et souvent ils défendent mes textes comme personne, c’est-à-dire de tout leur corps.

Tout ça pour dire : l’éditeur au théâtre, c’est la rencontre étrange entre l’acteur et le spectateur. Tout le reste est littérature...

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