La prise électrique
Elle ne bouge pas
Tu rêves
Comme entendre l’électricité
Ça ne se peut pas
Tu rêves
La ville ne respire pas
Une impression qu’elle bouge
Tu rêves
Ta maison ne s’agrandit pas
C’est une exploration
Tu rêves
Tu rêves immobile chez toi
Qu’une ville porte pour toi
L’immensité à laquelle tu aspires
Mais tu n’aspires rien
Tu es vide
Le visage figé
Tête manipulée
Ne vois-tu pas la main
Et pourtant
Ce qu’il y a de plein
Dans cette mort là
Ce qu’il y a de plein
Quand tu es si vide
Aspire enfin
Remplis-toi
Deviens plein
Epais
Goûte à la mort s’il le faut
Fais-toi reflet de la marionnette
Fais-toi marionnette
Je déplie à travers toi tous mes rêves, toutes mes envies
Je déplie à travers toi mon espace matériel
Je déplie à travers toi les réseaux électriques
Je déplie à travers toi les lignes architecturales
Je déplie à travers toi mes appétits de viande ou de légumes
Je déplie à travers toi ma curiosité maladive
Je déplie à travers toi ma langue de pute et commérages en tout genre
Je déplie à travers toi le risque de la rencontre
Je déplie à travers toi le regard de l’autre
Je déplie à travers toi l’autre qui m’épie
Je déplie à travers toi les draps où dormir
Je déplie à travers toi l’immensité
Je déplie à travers toi l’éternité du geste éphémère
L’éternité du geste éphémère
La force absolue de la grâce
Qui malgré tout
Son effacement
Sa disparition
Malgré tout
Persiste

