
Je survole le toit des bâtiments
Frôle la cime des arbres
Dans la pénombre
A la tombée
Quand au loin le soleil
La vue baisse
Les ombres s’étendent
Je vole
M’accroche du regard aux cheminées modernes
Sans fumée
Où souffle la VMC
La ville souffle
Quand les moteurs du jour cessent
Elle ne gronde plus
Elle ventile
Pour éviter l’asphyxie
Les ombres s’étalent
Et dissimulent nos pas égarés
Nos trajectoires incertaines
Les points lumineux
Comme une décoration de noël
Ne sont plus que des présences abstraites
Recroquevillées sur elle-même
Je regarde ce qui s’affiche maintenant comme décor
Le décor de la ville la nuit
Je suis avec toi
Vivant comme jamais
Tu es avec moi
Et tu goûtes à ma mort
Regardons ensemble l’humanité à perte de vue

Nos corps se confondent
Et de nos bras enlacés
Les yeux envahis par l’étendue
Nous sommes enivrés
La ville nous obsède
Saoul de tout notre saoul
Figés saisis par l’immensité
