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Mitoyen

Mitoyen - spectacle en cours

jeudi 5 mai 2005, par Erwan Tanguy

Voir en ligne : texte de la forme courte

« Centres Horizons »

Là Où _ marionnette contemporaine

lien vers le texte

Mitoyen - spectacle en cours
Renaud Herbin

Mitoyen

Essai 4

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Vue de l’espace Centres Horizons

Couple moderne dans une ville moderne - mariage en grande pompe entre le couloir et la salle de bain - mariage chez moi entre moi - il n’est plus question ni d’homme ni de femme ni de témoin - et je me divorce tous les jours - la cohabitation est impossible, peu souhaitable - mais qu’ai-je à attendre de la solitude - cela se renouvellera - je ne peux me séparer - chez moi me reposer pas uniquement le corps - les peurs aussi ici se reposent - je suis le seul à m’effrayer - je ne suis pas un étranger - je me reconnais face à moi-même - je me reflète en moi et je me regarde chez moi sans miroir - je n’en ai pas besoin - je tends la main elle devient un autre moi qui vit un événement qui s’ajoute à ce que je vis - à la fois hors de moi et en moi - et l’espace ainsi transformé me change autant que je le change - nous mouvons en un seul mouvement - un mouvement organique c’est ainsi que je le ressens - l’espace et les murs s’articulent avec mes membres - des prothèses - des ramifications nourries du même sang et guidées par mes extensions - si j’ai mal à la tête je trouve encore le moyen de déplacer le problème - de quelle tête vient le mal - et si je développe d’où chez moi vient le mal - avec un peu de chance les murs poreux de cette mitoyenneté me permettront d’évacuer ce mal hors de chez moi - ailleurs - je ne veux pas savoir où - je n’en ai pas la curiosité - je suis bien là chez moi - je me construit en expansion m’approprie chaque cm² de cet espace pour l’oublier l’assimiler en moi - chez moi devient moi - toujours les peurs mais j’ai la taille de les affronter - j’ai la monstruosité pour les combattre - je suis moi-même en devenir - je ferai peur à mon tour si trop près ça s’approche - je ne crée pas une bulle je n’habite pas un espace - dans lequel recroquevillé et tremblant j’attendrai que l’angoisse s’en aille - cette faiblesse là non - je suis chez moi - les limites de cette bulle sont mes peaux mitoyennes - vous y touchez vous me touchez je suis vibrant

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Renaud Herbin : Mitoyen

Si la vitre se brise je me brise. Si le vent s’y engouffre je suis envahi par le souffle. Si je me regarde souffrir il n’y a pas de solitude possible. A mon corps mitoyen je me demande comment me saisir. Sur ma peau mitoyenne je caresse le désir de mieux me saisir. Je m’imagine ce soir. Ce qu’il y a d’insaisissable dans cet espace chez moi où je suis bien est cet insaisissable en moi. Tout ce qui traverse ce champ entre mon corps et ces murs - qui sont en partie mes murs - me traverse avec ou sans mon contentement. Lorsque j’épie la moindre variation dans cet espace qui me projette hors de moi, je m’ausculte dans les profondeurs les plus aveugles de mon être. Si je me parle à haute voix tel un fou, loin de me dédoubler - ce qui ne serait pas assez - je teste ma capacité à entendre et à comprendre hors de moi, dans mon propre écho. Ainsi je me réponds pour ouvrir le débat. De même j’ouvre les repas. Si je pouvais me goûter pour que tout reste entre moi, que rien ne rentre et que rien ne sorte.

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Renaud Herbin : Mitoyen
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