sprechgesang

Mitoyen

petit dialogue

samedi 21 octobre 2006, par Erwan Tanguy

petit dialogue Les formes abstraites d’objets apparaissent à l’écran, puis doucement l’image se précise, ces formes cubes deviennent les maquettes de maisons, puis d‘immeubles, de tours, de villes. Les façades se dessinent, et apparaissent les figures d’une femme qui attend

- ce n’est pas une femme mais la figurine d’une femme

- une figurine peut aussi attendre

- elle ne peut pas attendre elle n’est pas en vie

- peut-être attend-elle la vie. Plus loin une autre figure, d’homme cette fois, est-il en mouvement ou attend-il lui aussi que la vie surgisse. Et toujours l’image se précise et se rapproche, d’une façade d’abord, puis à travers les vitres, de l’intérieur d’un appartement où vit un homme

- la figure d’un homme

- une marionnette

- qui attend la vie

- en qui la vie insuffle déjà des mouvements, des intentions. Cet homme marionnette désire quelque chose de précis là, dans son appartement, il voudrait retrouver à l’intérieur l’espace de l’extérieur

- il commence par la vue

- il colle sur un mur la reproduction de ce qu’il voit par sa fenêtre, un paysage ville, un ciel immense, il veut profondément être envahi chez lui par cette immensité

- il n’a pas peur d’être écrasé

- il n’a pas peur mais il sait au fond de lui que c’est insuffisant, que ce ne sera qu’une reproduction collée à un mur, qu’une tapisserie

- il se dédouble alors

- je ne sais pas mais un homme surgit comme venu de nulle part, comme né à l’instant, et déjà adulte, il surgit avec dans le regard l’inquiétude et la curiosité de celui qui découvre. Il surgit dans un autre espace et explore lui aussi, cherche une immensité comparable, une ville en lui et chez lui, et pour cela il lui faut d’abord délimiter le cadre de son appartement

- comme s’il avait besoin de réduire l’espace pour pouvoir par la suite y convoquer la ville et l’immensité du ciel

- et la ville apparaît

- et l’homme marionnette le regarde

- je croyais que c’était la même personne

- ils sont tous deux portés par le même désir

- et la rencontre

- elle est étrange

- c’est une rencontre impossible

- l’un désire à travers l’immensité comprendre la vie

- l’autre désire à travers cette même immensité comprendre la mort

- ils courent tous les deux après un mystère et leur rencontre, quand enfin ils se rencontrent, quand la marionnette traverse l’écran, leurs corps l’un sans vie l’autre sans mort, se confondent se mélangent s’intègrent

- et l’immensité

- l’immensité est là

- dans ce corps nouveau

- et dans cette ville derrière qui respire – ne l’avions-nous pas déjà vu respirer

- dans l’ombre de cette ville qui s’étend à l’infini

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