sprechgesang

De quelles accusations ?

jeudi 19 mai 2005, par Erwan Tanguy

Un homme aux souvenirs fragmentés - ce n’est plus les formes artistiques qui sont fragmentées mais seulement la mémoire - sa mémoire reste insaisissable - toutes ces villes d’où il est revenu - toutes ses factures d’hôtel en poche - cet homme ne se souvient de rien si ce n’est son réveil généralement dans un train qui le ramenait chez lui - avec toujours dans la bouche un goût étrange - un peu lourd.

De quelles accusations ?

Là il se souvient de l’arrestation - du transport - de la cellule avant interrogatoire - des interrogatoires - puis de l’autre cellule où il passe désormais ses nuits - dans l’attente d’une résolution - car personne ne peut dire s’il est ou non coupable.

Interrogatoire : "Vous étiez à Nice à ce moment-là" - il lui montre des photographies où il est accompagnée d’une jeune femme - "à cet hôtel" - facture à l’appuie - puis une série de photographie de cette femme retrouvée morte dans la chambre de l’hôtel - sa chambre - chambre carré, plancher, porte fenêtre donnant sur une place où vers 18h de nombreux maghrébins plutôt âgés venaient discuter ou attendre que le temps passent - Nice, printemps, bruits des voitures, fenêtre vétustes - bruits - l’accusé répond "je ne m’en souviens pas vraiment. Ce visage de femme, peut-être. Mais pourquoi l’aurais-je tuée ?" - son amnésie même sincère ne convainc personne.

Interrogatoire : "Vous étiez à Lyon à ce moment-là" - de même lui montre photographies, facture d’hôtel, même témoins - "Je vourais vous aider, mais je ne sais pas, c’est le trou noir."

L’accusé finira par avouer vouloir être ce meurtrier, fasciner par l’idée d’être tueur en série - de rentrer dans la légende macabre des assassins - mais rien de ce qu’il dit ne pourra être vrai - car il ne peut rien dire.

(à suivre)

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