sprechgesang

11 août 05 - baignade à Ostie

vendredi 2 avril 2004, par Erwan Tanguy

Hors de la ville pour la deuxième fois, dans un autre train de chaleur, d’ennui, au milieu d’une population bruyante ou endormie, comme indifférente d’elle-même. Nous sommes de peuples différents. Je ne suis pas moins différent. Malgré les menaces dans l’air, ou à cause d’elles, ce que nous rappellent les informations sur les chaînes françaises que nous captons et qui, bien qu’elles soient publiques, ne proposent pas moins de publicités que ses concurrentes en ce pays. Il y a deux jours le train me déposait sur une montagne - une petite montagne de vigne et de vin blanc - là vers la mer où je l’espère, l’air y est plus respirable, qu’un temps les tensions de la ville s’évanouissent, laissent même partiellement place à une petite quiétude d’été où il n’y a rien d’autre à faire qu’à apprécier le temps qui passe. Oublier un temps les douleurs osseuses, l’écriture qui ne vient pas. Et ce n’est pas tant l’écriture que les raisons d’écrire qui ne viennent pas.

Est-ce toujours ainsi ?

Je ne sais plus ; j’ai tendance à ne pas me souvenir des moments où rien ne vient pour ne garder que ceux où l’ouvrage fini je peux enfin partager le résultat lors de lectures publiques.

Quand enfin sur la plage, sur une des parcelles payantes de la plage où une foule de femmes de tous âges dansent sur des musiques stupides, malgré l’amusement de voir ces chorégraphies à des milliers de kilomètres de ce que j’apprécie, il fut quand même assez difficile de se détendre. La musique si forte ne me permet pas d’entendre le petit roulis de cette mer huileuse et tiède. Les temps de silence entre les chansons, là seulement j’apprécie le lieu, le soleil, le sable brûlant, et le léger vent chaud qui souffle. Rien y fait, il y a toujours une chanson suivante.

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