sprechgesang

Lentement, 2004

jeudi 12 août 2004, par Erwan Tanguy

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Extrait de Lentement

Lentement
Ce n’est pas de la décomposition
Je ne me décompose pas
J’imagine
Lentement
Tu imagines lentement
Aussi
Lentement
Pour que la mémoire
S’épuise et se renouvelle
Tu t’épuises
Tu marches
Mais ton regard ne reste pas dans le vide
Cela fait longtemps
Que je ne marche plus
Que je ne cherche plus à accumuler
Les strates de mémoire
Je laisse faire
Je construis à mes dépends
Et à ma connaissance
Je laisse faire les yeux grands ouverts
Mais je ne marche plus
Lentement
Tu marches
Les espaces que tu traverses
N’ont pas d’importance
Je regarde ton corps dans la marche
La fatigue
Elle gagne chacun de tes membres
Lentement
Lentement
Je me souviens
Ce qui me revient
Tu marches
Pas à pas je t’entends approcher
Tu n’arrives jamais
Rien de triste à cela

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