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Hors de la baleine, Les expatriés 2 - 2004

jeudi 12 août 2004, par Erwan Tanguy

Voir en ligne : spip.php?article154

D’abord un parcours dans la bible, puis une sorte de voyage en compagnie d’un homme, peut-être Jonas, un homme qui fuit quelque chose d’à la fois lointain, passé et aussi proche et contemporain, est-ce une guerre, une famine, il fuit pour arriver dans un nulle part, un lieu sans nation ni histoire, peuplé de trop d’hommes, de femmes, d’enfants, qui stagnent sans perspective : comme dans le ventre de la baleine...


Extrait du texte - Le chant de l’exil

Perte de je suis en tant que je suis là
Lieu d’exil là
Rien
Camps de réfugiés
Ventre de la baleine
Chant de l’exil nous écoutons tes larmes telles les nôtres

Sans être ensemble
Ni solidaire
Nous te partageons

Perte de je suis
Un abandon provisoire de cartes photographies projets
Pour ne garder que le passé pour pleurer et ne pas regarder devant
Flou trop flou
Attendre la sécheresse
Accepter son propre rôle si minime si intime peut-il être

Perte de je suis
Face à mon ennemi
Chacun nous nous taisons certain de l’exil incertain de ne pas y avoir été pour rien
S’échanger regards petites histoires nostalgies familiales descriptions de paysages de villes blagues même celles contre celles méprisantes rires et repas couvertures et sommeil
L’ennemi absent comme je suis hors de la baleine est hors d’atteinte
Que des corps principe des corps en transparence ne laissent rien paraître
Toute transgression est expulsion
Il n’y a pas de représentation pour
Juste le cortège

Perte de je suis dans le cortège qui vient
Celui d’un lâche ou d’un malheureux d’un traître ou d’un juste
Tous là dans la marche funèbre
Pas lent rythme les pensées qui s’enchaînent dans le silence

J’ai toujours envie de dire je suis
Perte de je suis quand la voix s’enraye
La gorge n’admet plus que le silence et le corps la danse
Sentir son corps délivré de la crainte de disparaître
L’intemporalité du lieu là est une éternité trompeuse
Qui laisse bien des traces en moi
Sur les visages je le vois
Nous mourrons sans le savoir condamnés par les souvenirs qui nous assaillent

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