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Et Jonas toujours...

mercredi 2 septembre 2009, par Erwan Tanguy

Après un an sans écrire, et après des années sans toucher à mes textes sur Jonas, une fois encore ce travail m’a rattrapé...

Trouvé encore Jonas. Du moins encore le chercher.

Et Jonas toujours...

Dans les profondeurs d’une mer où se perdent ceux qui ne voudraient plus errer, ceux qui ont un but, un rêve, un fantasme créé de toutes pièces par des mensonges, des images factices, des propagandes mercantiles. Des hommes, des femmes, des enfants engloutis dans cette mer polluée finissent eux aussi dans les entrailles des poissons mais ils ne peuvent plus y prier.

Au delà de Jonas, de cette parabole, il y a un rêve perdu par ces cauchemars qui hantent nos sociétés abandonnées aux délires absurdes des financiers. Les corps encore flottant des récents noyés de la nuit passée n’écoutent plus les discours cyniques de nos hommes politiques. Ils attendent sans attendre d’être gonflés d’eau pour s’affranchir à jamais, pour plonger là où Jonas n’ira jamais - où il n’ira jamais seul, sans sa foi, sans la présence d’un dieu surpuissant qui profitait si bien du désarroi. Aujourd’hui les descendants des paraboles, devenus gérants d’églises, se sont coupés des hommes, des femmes et des enfants, les abandonnent à la noyade.

Trouvé encore Jonas. Non pas pour la parabole. Mais pour la révolte. Trouvé le Jonas qui part. Celui dont ils disent qu’il fuit quand en fait il se révolte. Trouvé le Jonas qui se révolte. Celui qui s’oppose et qui se sacrifie en se jetant à la mer, qui finit hélas par accepter son sort mais qui a osé dire non.

Aujourd’hui il y a un tel besoin de révolte, de hargne. S’opposer, même par principe, faire de la négation active. Casser la langue devenue l’arme destructrice de nos gouvernants. Casser dans les formes devenues trop molles.

(à suivre)

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